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Synthèse complète
 

Spéciale retraite 40 conseils


Qui payera nos retraites ? C’est le soucis que partagent les Français, les partenaires sociaux, employeur ou syndicalistes, et les pouvoirs publics, même si leurs positions sont très distinctes. A juste titre, les Français s'angoisse car les promesses qu’on leur a faites ne sont pas tenues. A chaque réforme, il leur est demandé de travailler plus en échange de retraites moins généreuses. Les partenaires sociaux sont poussés par le déséquilibre démographique et financier des régimes de retraites dont ils ont la charge : les syndicats ne veulent pas que l’on fasse payer les déficits aux salariés et les employeurs ne veulent pas participer davantage. Quant à l’Etat, il voudrait bien diminuer le coût de ses engagements de retraite avant qu’il n’alourdissent encore le déficit budgétaire. Ces problèmes ne sont pas simples à résoudre. Et le sujet est sensible comme en confirment les manifestations du 18 octobre contre la réforme des régimes spéciaux du secteur public. Face à ces mauvaises nouvelles, les Français sont résigné. Selon le baromètre annuel de la banque HSBC, 30 % estiment qu’ils devront surtout compter sur eux- mêmes pour garder leur niveau de vie une fois à la retraite. Mais l’écart reste captivant entre la prise de conscience du problème et la mise en place de stratégies personnelles pour y corriger. 84 % des Français évaluent que la retraite versée par l’Etat diminuera, mais, selon un sondage de TSN- Sofres pour la société de gestion Fidelity,

seule 40 % disent avoir commencé à épargner pour y faire face. Dans ce dossier spécial, nous avons rassemblé 40 conseils pour vous aider à prévoir, avec des méthodes pratiques pour en tirer des ressources de votre patrimoine ou pour calculer le niveau d’épargne essentiel selon votre âge, des sélections et des conseils pour choisir les meilleurs placements retraite, des démarches à faire pour évaluer combien vous toucherez, ou des pistes originales pour compléter vos revenus et vous aider en famille. Si vous faites partie, comme nous, des 84 % de personnes qui appréhendent une poursuite de la dégradation des retraites, n’attendez pas : lisez notre guide.


Comment avoir 500 € et plus par mois ?


Puiser dans son capital ou le protéger ? Envisager un revenu fixe ou avec une revalorisation régulière ? En fonction de votre âge et vos possibilités nous vous conseillons.


Avoir des revenus sans toucher à son capital


On a plusieurs possibilités quand on arrive à la retraite et que l’on doit utiliser ses économies pour en tirer des revenus complémentaires. Dans l’idéal, beaucoup de gens préféreraient dépenser seulement les revenus qui correspondent aux intérêt de leurs placements pour transmettre le capital sans y toucher. Mais, dans la réalité, le choix de pomper dans son capital ou de le léguer dépend surtout de l’épargne dont on a par rapport à ses besoins. Par exemple, si vous avez 100 000 euros d’économies et que vous voulez totalement laisser ce capital en héritage, il sera pas facile d’en retirer 500 euros de revenus complémentaires par mois. Vous pourrez y arriver à la seule condition que vos investissements vous produisent 6 % par an, net de frais et d’impôts, ce qui correspond à un rendement avant impôts de 6,74 % pour les placements obéissant aux seuls prélèvements sociaux de 11 % et une performance de 8,22 % par an pour les investissements soumis aux prélèvements libératoires ou à impôt sur les plus- values à 27 %. Autrement dit, si vous disposez 100 000 euros d’économies, vous aurez du mal à en retirer 500 euros de revenus par mois sans toucher à votre capital.

Notre conseil

Ne surestimez pas les revenus que vous pourrez en tirer si vous voulez transmettre votre capital. Avec 100 000 euros investis en assurance vie sans risques à 4 % brut, soit 3,56 % net après 11 % de prélèvements sociaux, vous possédez moins de 300 euros par mois.


Consommer son capital sur une durée prévisible.


A quoi sert d’économiser toute votre vie si vous ne consommez pas votre argent quand vous en avez besoin ? Aujourd’hui, la plupart des Français ont admis que puiser dans leur capital pour compléter leur revenus n’avait rien de honteux. Ainsi, 76 % des détenteurs d’un contrat d’assurance vie disent que ce placement est bien adapté pour organiser sa retraite sur le plan financier, selon un sondage TNS Sofres pour Fidelity Vie. Une tendance qui s’explique dans les faits puisque les retraits faits sur l’assurance vie ont augmenté de 13 % au premier semestre 2007, à 5,4 milliard d’euros.

Avant de puiser à l'aveuglette dans votre capital pour faire face à vos dépenses, il faut quand même évaluer combien de temps vous pourrez tenir en fonction de vos besoins et de la rentabilité de vos investissement. En théorie, plus la performance est importante, plus votre capital se rétablit rapidement. Par exemple, si vous prélevez 500 euros par mois sur une épargne qui restitue 5 % net, pour tenir quinze ans il vous faut un capital de 63 228 euros et 93 141 euros, soit seulement 47 % de plus pour tenir deux fois plus longtemps


Notre conseil

Si vous puisez dans votre capital, prévoyez une marge de manœuvre pour ne pas vous dépouiller trop tôt. Vous pourrez investir de façon plus dynamique et rentable en étalant la consommation de votre épargne sur plus de quinze ans.


Prévoir une revalorisation pour tenir compte de l’inflation


Si vous avez besoin de 500 euros par mois de nos jours, prévoyez plus dans les années qui arrivent. « Peu de gens réfléchissent qu’il puissent y avoir beaucoup d’inflation, mais personne ne croit qu’il soit possible qu’elle soit nulle », explique Jean- Claude Anglouvant, consultant et ancien directeur de la caisse retraite. Depuis 1900, en France l’inflation moyenne a atteint 8,2 % l’an. Et depuis 1960, elle est de 5 %. Le seuil de 2 % d’inflation supporté par la BCE semble un minimum pour reconsidérer vos revenus complémentaires.

Si vous avez besoin de 500 euros de revenus supplémentaires aujourd’hui et que vous voulez garder le pouvoir d’achat de cette somme avec une revalorisation de 2 % par an, il vous faudra 673 euros dans quinze ans et 905 euros dans 30 ans. Avec 3 % d’inflation, vous aurez besoin de 1 214 euros dans trente ans pour garder le même pouvoir d’achat qu’aujourd’hui. Dans la pratique, vous avez donc besoin d’un capital de 93 141 euros sans revalorisation, de 117 141 euros avec 2 % de revalorisation par an et de 132 501 euros si l’inflation demande une revalorisation de 3 % par an.


Notre conseil

Réfléchissez au maintien de votre pouvoir d’achat. Pour avoir un revenu revalorisé de 3 % par an, le capital principal pour tenir trente ans est de 14 % plus élevé qu’avec 2 % de revalorisation, et 45 % plus élevé que sans revalorisation.


Avoir des revenus sans toucher à son capital


Pour vous aider à améliorer votre retraite, nous avons calculé ce que vous devriez économiser régulièrement pour avoir 500 euros par mois de 65 à 90 ans. Afin que le pouvoir d’achat de cette sommes ne soit pas écrasé par l’inflation, nous tablons sur une revalorisation de 2 ou 3 % sur toute la durée d’épargne et de son utilisation. Le résultat confirme qu’il faut mettre de côté le plus tôt possible. Avec une rendement de 5 % net, il faut économiser 183 euros par mois si l’on démarre à 30 ans, 286 euros en débutant à 40 ans et 522 euros si l’on commence à 50 ans. « Si l’on a un horizon de trente ans, on peut prendre des risques que l’on ne peut plus se permettre si l’on commencer à épargner à dix ou quinze ans de la retraite » commente Stéphane Girardot, directeur du marketing de Franklin Templeton. A 30 ans, avec un horizon d’investissement de 35 ans, vous pouvez investir en actions pour bénéficier du dynamisme des indices boursiers avec une rentabilité autour de 6 % par an) alors qu’à 50 ans, vous envisagerez une répartition moins risquée.


Notre conseil :

Ne patientez pas. Pour avoir le même résultat à 65 ans, vous pouvez mettre 93 euros par mois à 7 % dès 30 ans ou 635 euros par mois à 4 % en commençant à 50 ans.


Combien toucherez vous vraiment ?


A quel âge pourrai-je arrêter mon activité ? Quel sera le prix de mes pensions de retraite ? Nous vous aidons à trouver les réponses en fonction de la date de votre départ.


Vous avez plus de 45 ans.


Votre future retraite sera décidée par de nombreux paramètres et par des règles qui peuvent changer. Résultat, plus il reste d’années jusqu’à votre retraite, moins l'évaluation de son montant sera sûr. Néanmoins, évaluer votre retraite à la moitié de votre carrière vous permettra de mieux calculer l’épargne demandée pour compléter revenus.  Si vous êtes salariés, artisans, commerçants ou fonctionnaires (hors régimes spéciaux), utilisez le simulateur Marel (http://www.marel.fr/) de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAV). Les professions libérales y auront aussi bientôt l’autorisation.

Après la saisie de vos données (mariage, enfant, revenus, chômage), vous aurez une évaluation de votre retraite. A ce stade, il est souvent prématuré de demander l’aide de professionnels, sauf si votre carrière est difficile : activité à l’étranger, cumul de statut, rémunération irrégulières.


Notre conseil :
Nouveau : dès 35 ans ( à partir de 2010), vous recevez tous les cinq ans un « relevé de situation individuelle » avec les droits à la retraite eu dans vos régimes. Vérifiez- le et demandez les rectification si besoin.


Vous avez plus de 54 ans.


Pour évaluer vos droits, la CNAV vous consacre un programme spécifique sur son site http://www.retraite.cnav.fr/. Le calcul sera fait directement à partir de votre dernier relevé de carrière.

Dès 57 ans, dans chaque départements, les salariés pourront aussi avoir une évaluation de leur retraites complémentaire auprès des Centres d’information de conseil et d’accueil des salariés (CICAS) ( voir site http://www.arrco-agic.fr/). Pour les régimes qui restent, vous devrez vous adresser à chacune de vos caisses. Si vous avez connu beaucoup de changements dans votre carrière, faites appel à un cabinet spécialisé pour le refaire, chiffrer l’impact d’un rachat de trimestres, d’une poursuite d’activité après 60 ans, etc. Leur tarifs diffèrent de 60 à 3000 euros selon la complexité de votre situation et personnalisation du service offert.


Notre conseil.


Nouveau : vous recez une estimation de votre retraite global ( de base complémentaire) dès 55 ans ( à partir de 2010). Si vous avez plus de 53 ans, prévoyez vos documents pour vérifier le relevé qui vous sera bientôt envoyé.


Les meilleurs placements.


Plusieurs catégories de placements sont arrangées pour préparer sa retraite. Nous vous guidons pour choisir les plus avantageux en fonction de votre situation actuelle et future.


Déterminer l’investissement qui vous convient le mieux.


Pour votre retraite quels sont les meilleurs placements ? Face à cette question, les intermédiaires financiers se battent pour vous proposer chacun leur solution en fonction de leur spécialité : l’assurance vie pour certains, les Perp pour d’autres, des montages immobiliers pour les hardi, même des contrats d’assurance retraite spécifiques aux conditions parfois obscures pour les chefs d’entreprise. Ne décidez pas en cédant aux arguments attrayant du meilleur vendeur. Choisissez en par rapport à vos intérêts et de ceux de votre famille. Il existe plusieurs catégories de placements parfaitement ajustées pour la retraite qui vous permettent d’aborder une rente viagère, c’est- à- dire des revenus garantis jusqu’à la fin de vos jours. Mais, en dehors de ce point commun, ces placements retraite sont très différents, autant sur le plan financier que fiscal. Certains vous donnent la possibilité de récupérer votre capital, comme l’assurance vie ou le plan d’épargne en action (PEA) d’autre vous enlèvent de cette liberté, comme le Perp ou la retraite Madelin. Certain montrent une fiscalité propice sur les versements mais pénalisante sur les rentes, comme le Perp , tandis que d’autres ont droit à des exonérations sur les gains et sur les rentes mains d’aucun allégement sur les versements, comme le PEA.


Chacun a aussi des particuliers propres : la possibilité d’investir dans des actions en direct avec le PEA, l’exonération de droits de succession avec l’assurance vie, etc. Avant de favoriser l’un ou l’autre de ces placements pour votre retraite, vous devez confronter l’impact de leurs spécifiques sur votre situation personnelle présente et future, afin de décider celui qui vous semble le plus accoutumé. Par exemple, pour comparer l’avantage fiscal du Perp à celui du Perp à celui du PEA, vous devez tenir compte de la globalité des impôts et prélèvements que vous devriez payer avec l’un et l’autre sur la durée totale d’investissement et de retraite, en fonction de l’évolution réalisable de vos revenus et de votre taux d’imposition qui sera aussi décidé par une situation familiale. Vous voyez que les critères de comparaison sont difficiles. Nous reviendrons plus loin sur les possibilités de certaines solutions.

Rente ou capital ? Ce qu’il faut savoir pour faire le bon choix

En théorie, la rente viagère expose de nombreux atouts pour se former des revenus à vie en complément de la retraite. « La première qualité d’une rente viagère est de certifier des revenus répartis de façon théorique en fonction de l’espérance de vie, estime Régis Busschaërt, directeur des produits de vie de Maaf Assurances. Par comparaison, ceux qui puisent dans leur capital tiennent le risque de minorer leur train de vie par crainte de manquer plus tard ou, au contraire, de débourser trop vite et d’être démuni s’ils vivent plus longtemps qu’ils ne l’avaient prévu. »

En dépit de ces arguments de bon sens, les Français repoussent la rente. « Sur nos 670 000 adhérents, seuls 500 ont choisi de percevoir une rente », explique Bénédicte Coste, présidente de l’Association française d’épargne et de retraite (Afer), soit moins de 0,1 %. L’incertitude des épargnants résulte peut-être d’un manque d’information et d’explication, car les rentes sont difficiles à comprendre. Pour comparer les offres, nous avons sondé six banques et six compagnies d’assurances. Deux n’ont pas répondu et quatre ont envoyé des simulations avec d’autres critères que le taux technique « zéro » obligatoire pour les Perp ce qui fausse les comparaisons. Une rente avec un taux technique de 2,5 % permet d'étaler un montant plus attrayant dans nos tableaux, mais cela explique que la rente donnée au départ aura une revalorisation amputée de 2,5 % chaque année, ce qui est sévissant à long terme.



Le bon compromis des contrats-vie à retraits programmés


Parmi les placements convenus pour la retraite, l’assurance vie tient une bonne place dans le cœur des épargnants. Douze millions de Français détiennent des contrats d’assurances vie et 76 % estiment que c’est un placement adapté pour préparer leur retraite. Une de ses spécificités, offerte par peu d’autres placements, est la possibilité de disposer des retraits automatiques réguliers. Cette procédure est idéale pour ceux qui disent : « Ce qui reste ira à ceux que j’aime si je meurs avant d’avoir tout dépensé. »

D’un côté, la technique des retraits établis permet de recevoir chaque mois le montant choisi sur son compte bancaire, de l’autre, le statut de l’assurance vie permet de définir des bénéficiaires qui percevront le capital restant en cas de décès.

Pour vous aider, le Revenu a choisi une dizaine de contrats parmi les meilleurs du marché.


Notre conseil :

Si vous détenez un contrat d’assurance vie, vérifiez qu’il permet de réaliser des retraits programmés mensuels inférieurs à 500 € sans frais à partir de tous les supports (fonds en euros et fonds boursiers ou diversités).



Privilégier le PEA, le Perco et le PEP pour la souplesse et la fiscalité

Si vous hésitez entre rente et capital, privilégiez les placements qui accèdent à la récupération de votre capital ou de choisir librement de toucher une rente exemptée d’impôts sur le revenu. C’est le cas du plan d’épargne retraite collectif en place par toute personne qui emploie au moins un salarié.


Notre conseil :
Si vous avez un PEP, préservez-le. Il offre les mêmes avantages que le PEA pour la retraite.