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Un décret renforce l’encadrement du détachement sur le
territoire français de salariés venus réaliser, pour une durée déterminée, un
travail à la demande de leur employeur étranger.
→ La nouvelle réglementation vise les salariés détachés en
France par des entreprises étrangères. → Les situations de détachement sont clairement déterminées
et prennent en compte le détachement « intragroupe ».
→ Pour l’essentiel, la réglementation française s’applique aux
travailleurs détachés sur le territoire français. Avec quelques
exceptions :
- les indemnités de licenciement et de départ à la retraite
ne sont pas dues dans le cadre de la loi de mensualisation ;
- les dispositions relatives au compte épargne-temps et aux
congés non rémunérés ne s’appliquent pas ;
- l’indemnité de précarité n’est pas due aux intérimaires en
CDI dans leur pays d’origine ;
- les salariés ayant passé un examen de leur service de santé
équivalent au nôtre dans un Etat de l’Union européenne, partie à l’accord sur
l’Espace économique européen ou en Suisse sont dispensés du nôtre.
→ Par ailleurs, le cadre du contrôle de l’activité des
employeurs étrangers et des salariés est précisé, en particulier pour lutter
contre le travail illégal.
Les situations en cause
Notion de salarié détaché
Est un salarié détaché « tout salarié d'un
employeur régulièrement établi et exerçant son activité hors de France et qui,
travaillant habituellement pour le compte de celui-ci exécute son travail à la
demande de cet employeur pendant une période limitée sur le sol français »
Cette définition est issue de la loi du 2 août
2005, qui a transposé la directive communautaire (96/71/CE) du 16 septembre
1996 relative au détachement transnational, tout en la complétant. Avec la
parution du présent décret, du 11 décembre 2007, la loi entre enfin en vigueur.
Les dispositions préexistantes en la matière sont, du coup, abrogées.
Situations couvertes
Le détachement recouvre plusieurs situations
distinctes, et tient désormais compte du détachement dit
« intragroupe ».
►
Prestations de services avec un destinataire
Un employeur établi hors de France peut
détacher temporairement un salarié sur le territoire national s'il existe un
contrat de travail entre eux et si leur relation de travail subsiste pendant la
période de détachement.
Ce dernier a alors lieu:
–
soit dans le cadre d'un
contrat conclu entre l'employeur et un destinataire établi ( ou exerçant) en
France , pour le compte et sous la direction de l'employeur;
–
soit entre établissements
d'une même entreprise ou entre entreprises d'un même groupe.
Dans ce dernier cas de détachement, dit
« intragroupe », les salariés détachés sont pris en compte dans le
calcul des effectifs de l'entreprise d'accueil (établie en France) et les
règles relatives à la liberté
d'expression leur sont applicables.
►Prestations
de travail temporaire
Une entreprise exerçant une activité
de travail temporaire établie à l'étranger peut
détacher temporairement des salariés auprès d'une entreprise
utilisatrice établie ou exerçant sur le territoire français, à condition qu'il
existe un contrat de travail entre elle
– l'entreprise étrangère -et le salarié, et que leur relation de travail
subsiste pendant la période de détachement.
►
Prestations de services sans destinataire
Enfin, une entreprise étrangère peut détacher
temporairement des salariés en France pour réaliser une opération pour son
propre compte, sans qu'il existe un contrat entre elle et un destinataire.
Situations exclues
L'employeur dont l'activité est entièrement orientée vers le territoire
français, ou est réalisée dans des locaux ou avec des infrastructures à partir
desquels elle est exercée de façon habituelle, stable et continue (par la
recherche d'une clientèle, le recrutement de salariés sur le territoire, etc.),
ne peut pas se prévaloir de la
législation sur le détachement, mais relève du droit du travail applicable aux
entreprises établies sur le territoire français.
Cette disposition vise à éviter qu'un employeur
étranger installé en France se serve de la législation sur le détachement pour
échapper à une affiliation au régime français de sécurité sociale.
Application du droit français
Règles générales
Pour leurs salariés détachés (y compris les
mannequins et les personnels artistiques et techniques des entreprises de
spectacle), les employeurs sont soumis aux dispositions législatives,
réglementaires et conventionnelles applicables aux salariés employés par les
entreprises de la même branche d'activité établies en France, en matière de
législation du travail, en ce qui concerne les thèmes suivants:
- libertés individuelles et collectives dans la
relation de travail, exercice du droit
de grève;
- durée du travail, repos compensateurs, jours
fériés, congés annuels payés, congés pour évènements familiaux, congés de
maternité, congés de paternité, conditions d'assujettissements aux caisses de
congés et intempéries;
- salaire minimal et paiement du salaire, y
compris les majorations pour les heures supplémentaires;
- conditions de mise à disposition et garanties
dues aux travailleurs par les
entreprises exerçant une activité de travail temporaire;
- règles relatives à la sécurité, la santé,
l'hygiène au travail et la surveillance médicale;
- discrimination et égalité professionnelle
entre les femmes et les hommes, protection de la maternité, âge d'admission au
travail, emploi des enfants, durée du travail et travail de nuit des jeunes travailleurs;
- travail illégal.
Les conventions et accords collectifs étendus
français sont aussi applicables aux salariés détachés dont l'employeur exerce
une activité identique à celle de leurs homologues français.
Spécificités
►Salaire
minimal
Les allocations propres au détachement font
partie du salaire minimal, mais non les sommes versées à titre de remboursement
de frais directement causés par le détachement ou prises en charge directement
par l'employeur (dépenses de voyage, de logement ou de nourriture, etc.) qui,
elles, ne peuvent pas être mises à la charge du salarié détaché.
►Mensualisation
Si le détachement dure plus d'un mois, les
règles résultant de la loi de mensualisation et de l'accord interprofessionnel
du 10 décembre 1977 sont applicables (paiement du salaire au mois, paiement des
jours fériés, des jours de congés pour évènements personnels, maintien de la
rémunération en cas de maladie ou d'accident) excepté, toutefois, celles
relatives aux indemnités de licenciement et de départ en retraite.
►Congés
non rémunérés, compte épargne-temps
Les dispositions relatives aux congés non
rémunérés et au compte épargne-temps ne sont applicables aux salariés détachés
en France.
►Travail
intérimaire
Indemnité de précarité des
intérimaires sous CDI
Les
salariés intérimaires détachés ont droit aux mêmes règles protectrices que les
intérimaires en France, mais ne peuvent pas, pour ceux employés sous contrat à
durée indéterminée dans leur pays d'origine, bénéficier de l'indemnité de
précarité due à la fin de chaque mission.
Garantie financière des ETT
Les ETT étrangères sont soumises à l'obligation
de garantie financière, celle-ci devant assurer le paiement aux salariés
détachés en France de leur salaire, de ses accessoires et, le cas échéant, de
l'indemnité de précarité pendant toute la durée de leur travail. Les garanties
souscrites à ce titre dans l'Union européenne, dans l'Espace économique
européen ou en Suisse peuvent être regardées comme équivalentes à cette
garantie financière.
►
Médecine du travail
Les salariés détachés bénéficient
des règles relatives à la médecine du travail, y compris en outre-mer, sous
réserve de quelques adaptations.
Employeur UE/EEE/Suisse
Si un employeur prouve que son
salarié bénéficie dans son pays d'origine(appartenant à l'Union européenne, la
Suisse ou l'Espace économique européen) d'une prestation d'un service de santé
au travail équivalente à celle en vigueur en France, cette dernière n'a pas
lieu.
Sinon, il appartient à l'entreprise d'accueil, utilisatrice ou
donneur d'ordre, de prendre en charge l'organisation matérielle des obligations
relatives à la santé au travail du salarié dans le cadre de son service de
santé au travail.
Les documents et informations
transmis à l'employeur le sont aussi à l'entreprise d'accueil, utilisatrice ou
donneur d'ordre.
Détachement sans contrat de travail
pour le compte d'un particulier
Si le détachement a lieu pour le
compte d'un employeur sans destinataire, et dans le cas spécifique où
l'entreprise étrangère intervient pour le compte d'un particulier, celle-ci
adhère au service de santé au travail interentreprises territorialement et
professionnellement compétent. Il lui incombe, pour l'obtenir, de demander
l'action du médecin du travail.
► Accident
du travail
Si un salarié détaché, qui n'est pas
affilié à un régime français de sécurité sociale, est victime d'un accident du
travail, l'entreprise doit adresser, par lettre recommandée avec accusé de
réception, dans les 48 heures (non compris les dimanches et les jours fériés)
une déclaration de cet accident à l'inspecteur du travail du lieu de sa
survenance.
Cette formalité revient à
l'entreprise d'accueil, utilisatrice ou donneur d'ordre, et, dans l'hypothèse
d'un détachement sans destinataire, à l'employeur ou l'un de ses représentants.
Actions contentieuses
Toute contestation relative aux
droits reconnus aux salariés détachés peut être portée devant le conseil des
prud'hommes.
Déclaration préalable de l'employeur
Principe de la déclaration préalable
Afin de garantir l'effectivité des
contrôles des employeurs, ceux-ci doivent adresser à l'inspecteur du
travail une déclaration préalable aux détachements, effectuée avant l e
début de la prestation, par lettre recommandée avec avis de réception ou par
télécopie en langue française, ou par transmission électronique. Elle se
substitue à l'ensemble des obligations de déclaration prévues par le code du
travail hormis celle spécifiques au détachement.
L'employeur qui ne se conforme pas à
cette obligation est passible d'une amande prévue pour les contraventions de 3e
classe, égale à 450E maximum (ou à 2250E lorsque la personne qui encourt
l'amende est une personne morale).
Cas général
Les employeurs qui détachent un ou
plusieurs salariés doivent adresser à l'inspecteur du travail du lieu où
s'effectue la prestation (ou du premier lieu de l'activité si elle doit se poursuivre
dans d'autres lieux) une déclaration préalable comportant:
- le nom ou la raison sociale et
l'adresse de l'entreprise ou de l'établissement qui emploie habituellement le
ou les salariés, la forme juridique de l'entreprise, les références de son
immatriculation à un registre professionnel, l'activité principale de
l'entreprise, l'identité du ou des dirigeants;
- l'adresse du ou des lieux
successifs où doit s'effectuer la prestation, l'identité et l'adresse du
représentant de l'entreprise en France pour la durée de la prestation, la date
du début de la prestation et sa durée
prévisible, l'activité principale exercée dans le cadre de la prestation, la
nature du matériel ou des procédés de travail dangereux utilisés, le nom et
l'adresse du donneur d'ordre;
- les noms, prénoms, date de naissance
et nationalité du salarié détaché, la date de conclusion de son contrat de
travail, sa qualification professionnelle, l'emploi qu'il occupe ainsi que le
montant de sa rémunération brute mensuelle durant le détachement;
- les heures auxquelles commence et
finit le travail ainsi que les heures et la durée des repos des salariés
détachés;
- le cas échéant, l'adresse du lieu
d'hébergement collectif des salariés.
Détachement
« intragroupe »
Les employeurs qui détachent un ou plusieurs
salariés entre établissements de son entreprise ou entre les entreprises de son
groupe adressent à l'inspecteur du travail du lieu où s'effectue la prestation
( ou du premier lieu de l'activité si elle doit
se poursuivre dans d'autres lieux) une déclaration mentionnant:
- le nom ou la raison sociale,
l'adresse ainsi que les liens de l'employeur avec l'entreprise ou
l'établissement d'accueil du ou des salariés;
- les noms, prénoms, date de naissance
et nationalité du salarié détaché, sa qualification professionnelle, le montant
de sa rémunération brute mensuelle durant le détachement;
- l'objet, la durée prévisible et le
lieu de réalisation de la mission.
Détachement «travail
temporaire »
Les entreprises de travail
temporaire étrangères qui détachent un salarié sur le territoire français
adressent à l'inspecteur du travail du lieu d'exécution de la mission du
salarié détaché (ou du premier lieu de l'activité si elle doit se poursuivre
dans d’autres lieux) une déclaration comportant:
- le nom ou la raison sociale et
l'adresse de l'entreprise de travail temporaire, la forme juridique de
l'entreprise, les références de son immatriculation à un registre
professionnel, l'identité du ou des dirigeants, la désignation du ou des
organismes auxquels l'entrepreneur de travail temporaire verse les cotisations
de sécurité sociale;
- l'identité de l'organisme auprès
duquel a été obtenue une garantie financière ou une garantie équivalente dans
le pays d'origine;
- les noms, prénom, date de
naissance et nationalité du salarié mis à disposition, les dates prévisibles du
début et de la fin de sa mission, sa qualification professionnelle, l'emploi
qu'il occupe, le montant de sa
rémunération brute mensuelle durant le détachement, l'adresse du ou des lieux
successifs où s'effectue sa mission, la nature du matériel ou des procédés de
travail dangereux utilisés;
- le nom ou la raison sociale et
l'adresse de l'entreprise utilisatrice;
- les heures auxquelles commence et
finit le travail ainsi que les heures et la durée des repos des salarié
détachés;
- le cas échéant, l'adresse du lieu
d'hébergement collectif des salariés.
Contrôle du travail du salarié
détaché
Contrôle de l'inspection du travail
A la demande de l'inspecteur du
travail du lieu où s'effectue la prestation, l'employeur étranger est tenu de
présenter sans délai:
- si son entreprise est établie en
dehors de l'Union européenne, le document attestant la régularité de sa
situation sociale au regard d'une convention internationale de sécurité sociale
ou, à défaut, l'attestation de fourniture de déclaration sociale émanant de
l'organisme français de protection sociale chargé du recouvrement des
cotisations sociales lui incombant et datant de moins de six mois;
- le cas échéant, l'autorisation de
travail permettant au ressortissant d'un Etat tiers d'exercer une activité
salariée;
- e cas échéant, le document
attestant d'un examen médical dans le pays d'origine équivalent au nôtre;
- lorsque la durée du détachement est
supérieure ou égale à un mois, les bulletins de paie de chaque salarié détaché
ou tout document équivalent attestant, entre autres, de la rémunération;
Ce document doit ainsi mentionner le
salaire minimal et le paiement du salaire, y compris les majorations pour les
heures supplémentaires, les périodes et horaires de travail auxquels se
rapporte le salaire en distinguant les heures qui sont payées au taux normal et
celles comportant une majoration, les congés et jours fériés et les éléments de
rémunération s'y rapportant, les conditions d'assujettissement aux caisses de
congés et intempéries le cas échéant, s'il y a lieu l'intitulé de la convention
collective de branche applicable au salarié.
- lorsque la durée du détachement est
inférieure à un mois, tout document apportant la preuve du respect de la
rémunération minimale.
En outre, les entreprises de travail
temporaire présentent, à la demande de l'inspecteur du travail, un document attestant de la garantie financière
ou son équivalent et des contrats de travail du salarié (mise à disposition
et contrat de travail avec
l'entreprise).
Ces documents doivent être traduits
en langue française et, pour les entreprises qui ne sont pas établies dans un Etat membre de l'Union
européenne dont la monnaie est l'euro, les sommes doivent être converties en euros.
L'employeur qui ne se conforme pas à
cette obligation est passible d'une amende prévue pour les contraventions de 3e
classe, égale à 450E au maximum (ou à 2250E lorsque la personne qui encourt
l'amende est une personne morale).
Coopération internationale
Un bureau de liaison ( composé de
l'administration chargée de la lutte contre le travail illégal et de celle
chargée de la législation du travail) assure la surveillance et le contrôle des
conditions de travail et d'emploi des salariés détachés en France et la coopération
avec les administrations des autres Etats membres de l'Union européenne. Ce
bureau communique aux administrations étrangères les manquements aux bonnes
conditions de travail. Pour leur part, les inspecteurs du travail et les
inspecteurs médecins du travail communiquent à leurs homologues étrangers les
éventuelles contraventions à la législation.
Opérations de cabotage
La réglementation est aussi
applicable aux salariés des entreprises de transport qui exécutent leur travail
dans le cadre d'opérations de cabotage, avec quelques adaptations compte tenu
de la spécificité du secteur (envoi de la déclaration préalable à l'inspecteur
général du travail spécifiques au secteur fluvial, au transport routier, etc.)
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