« Ou placer mes 700000 euros ? »
Apres des années de « galère », Jean-Paul a hérité d’une somme qui laisse rêveur. Pour bien l’investir, il doit s’interroger sur ses priorités et la part qu’il souhaite laisser à ses deux filles Alexandre, 35 ans, et Valérie, 30 ans
Jean-Paul est un éducateur sportif à temps partiel de 61 ans et habite à Villers-sur-Mer. Apres avoir été inspecteur d’assurances, ouvrier dans le bâtiment et vendeur de fruits et légume à un problème : il ne sait pas quoi faire de son argent ! En 2005, au décès de son père, il a hérité de 746000 euros !
Et depuis, sa peur est de faire de mauvais placements. Soucieux à l’idée de se retrouver sans argent des années pus tard, il souhaite avoir l’avis personnalisé d’un expert sur sa stratégie patrimonial. Il contacte alors un expert spécialisé dans l’analyse individualisée des comptes, des actifs et des dettes des particuliers.
A tous ceux qui s’interrogent pour savoir comment placer une somme conséquente héritée, reçue en donation ou encaissée lors de la vente d’un bien immobilier, l’expert répond toujours : tout dépend de vos revenus, de vos biens, de vos dettes, de votre age et de vos projets.
Revenons à la situation et au parcours exceptionnel de Jean-Paul. Marié durant trente ans à une employée d’un journal fort connu, perte de deux filles Alexandra et Valérie, ce Parisien a accumulé les accidents professionnels et sentimentaux, ce qui n’est pas l’idéal pour s’enrichir. Juste avant que son père ne décède, son épargne se bordait à quelques milliers d’euros sur son livret
A et ses revenus ne surpassaient pas 710 euros par mois : 270 euros de salaire pour quatre heures de travail par semaine, 250 euros d’Assedic, 190 euros d’aide personnalisée au logement. Bref, il survit plus qu’il ne vit, soutenu par ses proches à qui il rend de petits services.
Le chèque du notaire de 746000 euros est donc le bienvenu. Bien qu’étranger au monde de la finance personnelle, le premier réflexe de Jean-Paul est de placer cet argent. Il décide donc de contacter sa banque, La Banque Postale, mais personne ne répond. Il contacte alors la société Générale du coin, sans plus de succès. HSBC est le premier établissement à décrocher son téléphone et à lui fixer un rendez-vous. « J’ai été bien reçu », raconte sourire en coin cet ancien Rmiste.
De tempérament forceur, il veut prendre des risques
En quelques jours, il est doté de « l’armure » complète de l’épargnant fortuné : carte Gold, PEA, compte-titres, assurance vie, accès « Premium » à ses comptes Internet… De tempérament « tête brûlée », il entend « prendre des risques pour gagner plus », mais son interlocuteur tient bon et investit ses actifs en fonds diversifiés, en actions, en obligations et en produits de trésorerie. Toujours bien conseillée et parce qu’il « ne voulait pas que des placements financiers », il acquiert trois appartements près de chez lui : un deux pièces de rêve en front de mer situé dans une grosse maison normande pour 248000 euros et deux autres deux pièces de moins bonne facture pour 130000 et 137000 euros. Les trois logements neufs ou rénovés doivent être livrés avant l’été. Il sera alors temps, en cas de location, de choisir entre le régime fiscal Borloo ou Robien.
Bonne chose, après des années pénibles depuis son divorce en 2000, Jean-Paul résisté à la tentation de dilapider son héritage. Son capital est aujourd’hui estimé à 712000 euros, soit 95% de la somme initiale. Pour le reste, nous sommes plus critiques. Jean-Paul a fait l’erreur habituelle de placer son argent avant de demander ce qu’il voulait en faire. Retournons aux principes fondamentaux de la gestion de patrimoine.
Règle d’or n°1
Définir et hiérarchiser ses objectifs
Jean-Paul affirme vouloir transmettre la totalité de son capital à ses deux filles et n’utiliser que les intérêts de ses placements, ce qui est tout à son honneur. Bien qu’il n’ait pas d’autre revenu que son salaire, soit moins de 300 euros par mois, et que sa pension sera très basse car n’a validé que 78 trimestres sur les 160 requis pour avoir une retraite à taux plein en 2008, il ne souhaite pas disposer de rentrées régulières d’argent. Quand il a besoin d’argent, il le prend dans ses liquidités. Et ce mode d’agissements lui convient. Nous lui préconisons pourtant d’en changer. D’abord, parce qu’il entame son capital, ce qui est l’inverse de son objectif premier. Ensuite, parce qu’il a la possibilité de sécuriser son avenir.
Enfin, parce qu’il va être obligé, s’il mettait en place des revenus réguliers, de calculer au préalable combien il dépense par mois, ce qu’il ignore. Pire encore, il sous-estime les frais induits par sa nouvelle vie. Une Mercedes coûte plus cher en entretien, assurance et essence qu’une vieille Xsara ! Entre autre, comme propriétaire, il va payer des charges de copropriété et des impôts locaux. Sans oublier les dépenses exceptionnelles. Et quand il emménagera dans un des deux pièces acheté en 2006, il faudra bien les aménager…
Règle d’or n°2
Placer l’assurance vie au cœur de sa stratégie patrimoniale
Nonobstant de multiples réformes qui ont amputé certains de ses avantages fiscaux, l’assurance vie reste une formidable boite à tout faire. Elle convient à tous les ages, à toutes les exigences et à tous les niveaux de richesse. Contrairement à une idée répandue, elle n’est pas bloquée huit ans. En fait, vous pouvez faire un retrait à tout moment. Et, comme uniquement la fraction des intérêts inclus dans ce retrait est taxée, le poids de l’impôt est souvent moins de 5% des sommes ôtées.
Jean-Paul a une autre bonne raison de recourir lourdement à l’assurance vie : ce placement est exempté de droit de succession à hauteur de 152500 euros par bénéficiaire. En faisant le plein de cet abattement, il peut réduire de 21300 euros les taxes que ses filles acquitterons à sa disparition. Réellement, nous lui suggérons de fermer son contrat Abondance 2, chargé en frais (4,5% sur les versements +0,96% par an +0,90 à 2% sur les arbitrage), et de porter le capital (92000 euros) sur Evolution Patrimoine, autre contrat de HSBC, mais primé par un Trophée du Revenu.
S’il a besoin de rémunérations supplémentaires, le souscripteur peut soit effectuer des retraits au rythme qui lui convient, soit établir ses retraits afin que son compte courant soit souvent alimenté sans aucune démarche spécifique de sa part. Nous préconisons donc cette seconde option pour sa simplicité, mais cela suppose que Jean-Paul connaisse ses dépenses mensuelles.
Règle d’or n°3 :
Diversifier entre immobilier, actions, obligations et trésorerie
La meilleure façon de s’enrichir est de répartir son épargne entre les différentes catégories de placements : la pierre, les actions, les obligations et les placements de trésorerie (livret bancaire ou Sicav monétaires). Avec 14300 euros dur son Livret A et 5000 euros sur un LDD, il a assez de trésorerie pour faire face aux imprévus. Côté immobilier (72,3% de ses placements), c’est le trop plein parce que les prix risquent de diminuer est très taxée lors d’une succession. Enfin, son rendement (2 à 4% après charges et impôts) est moins élevé qu’on ne le pense régulièrement.
Nous préconisons de vendre le deux pièces de luxe, même s’il vient d’être acheté et de mettre l’argent (250000 euros) dans le fonds en euros Evolution Patrimoine cité ci-dessus. Cet arbitrage a un double avantage : en premier lieu, il fait passer le poids d’obligations de 2,7 à 37% ; d’autre part, avec un fonds en euros qui rapporte 4% net (en 2007, Evolution Patrimoine a rapporté entre 4,15 et 4,41%), il permet à Jean-Paul de disposer de 10000 euros de revenus par an (830 euros par mois) sans toucher à son capital.
Le troisième deux pièces sera loué pour 400 euros, il aura 1230 euros pour vivre, plus 270 euros par mois pour vivre, plus de 270 euros de salaire, soit 1500 euros par mois au total. Pour aller au-delà, il doit miser sur la Bourse, à condition de changer de stratégie. Grisé par les fluctuations des marchés, Jean-Paul aime le Day Trading qui consiste à effectuer des allers-retours dans la journée sur des titres spéculatifs. Un mode opératoire risqué et peu rémunérateur. Jean-Paul doit se situer sur le long terme et, comme il s’est abonné à La Lettre Recommandée, choisir ses actions parmi la sélection du Revenu. Aujourd’hui, son PEA ne comprend qu’une seule valeur du CAC 40 (Bouygues) !
La Composition du compte-titres investi en Sicav doit aussi être revue. Nous l’incitons à vendre ses fonds profilés HSBC Multimanager Harmonie et Defensif bien qu’ils n’aient démérité, mais nous pensons qu’il gagnera plus d’argent en choisissant des fonds actions purs investis dans des zones géographiques assez larges, comme HSBC Euro Action Plus ou Fidelity America Fund. Le choix revient donc à Jean-Paul. |