L’essentiel de l’impact de la crise des subprimes est derrière nous. La prochaine mauvaise nouvelle pourrait venir des assureurs. La recapitalisation des rehausseurs de crédit est indispensable.
Plusieurs mois de crise plus tard, tous les marchés financiers sont composés dans des proportions au-delà du modérément explicable. Le cours des actions a ainsi diminué comme s’il prévoyait une chute des bénéfices des entreprises de 25% entre 2007 et 2008.
Toutefois, la moyenne des résultats connus sur le quatrième trimestre de 2007 augmente de 13% hors valeurs bancaires ! Et si l’on observe la cotation des banques, la situation est encore plus déconnectée du concret. La dette des banques de la zone euro est dépréciée d’un niveau tel qu’il sous-entend une possibilité de défaut de ces établissements de 20%, soit cinq fois plus qu’avant la crise.
Cependant, l’essentiel de l’impact des subprimes est derrière nous. Aujourd’hui, l’encours de crédit sur les subprimes a baissé à 1000 milliards de dollars, dont 180 milliards sont ravitaillés. Ce degré de provisions coïncide à la valeur économique des pertes compte tenu des défauts enregistrés, mais pas à leur estimation par les marchés, qui est de 500 milliards. D’où les chiffres pessimistes qui passent, évoquant la nécessité de ravitailler encore.
Pour ce qui intéresse les seules banques, la situation est plus exacte. Elles ne soutiennent dans leur bilan que la moitié de pertes reliées aux subprimes et ont ravitaillé à hauteur de 90 milliards. Face à cette perte de fonds propres, elles ont été recapitalisées à hauteur de 50 milliards, et pour 2007, elles montreront des profits de 200 milliards. Il n’y a donc pas de péril en la demeure. Et ceux qui avertissent un nouveau retournement à venir avec la dette titrisée à partir des risques de carte de crédit ou de crédit auto (1000 milliards de dollars) nécessitent être apaisés : le taux de défauts sur ces prêts (4,1%) est inférieur à celui constaté pendant les pics d’activité.
Par contre, de mauvaises nouvelles peuvent venir du coté des assureurs – et des 3400 milliards de dettes qui bénéficient des rehausseurs de crédit. Si l’un de ces établissements chancèle, les conséquences sur les marchés sont directes : une tranche de titres ABS « rehaussée » en AAA qui recouvrent une notation AA perd aussitôt 30% sur le marché de la dette ! La recapitalisation de ces rehausseurs de crédit, comme l’a inspirée le financier Warren Buffet, est donc obligatoire.
Une fois la crise éteinte, il faudra réfléchir et s’interroger sur la réglementation. Avec ce système d’appréciation des actifs descendent, plus la valeur des fonds propres amoindrissent, et moins il y a d’acheteurs pour ces actifs…En voulant être attentif, après l’affaire Enron, on a inventé une méthode qu crée artificiellement des décrochages. |