Anticiper les risques de la bourse
Sous-estimer les multiples risques de la Bourse est le principal danger qui conduit les débutants à perdre de l’argent alors qu’ils peuvent en gagner s’ils sont mieux préparés.
Si l’on n’est pas doté pour affronter le climat du pole Nord, on est sur d’y mourir de chaud si l’on est pas préparé à une traversée du désert. Le principal danger d’une immersion dans un environnement ultime ne découle pas immédiatement de la rigueur du climat, mais du fait d’y être mal préparé.
Avec la Bourse, c’est pareil. Les pertes endurées pour certains épargnants sont fréquemment moins assignables à la Bourse elle-même qu’au manque de conscience des investisseurs sur les multiples risques qu’ils doivent affronter.
Il faut donc en premier lieu connaître les aléas de la Bourse pour mieux déjouer les dangers qui les accompagnent. Le Revenu a dressé pour vous l’inventaire des principaux aléas qu’il faut connaître avant d’investir en Bourse, avec nos conseils pour mieux les anticiper.
Surveillez l'environements économique, il influe sur les cours
Le climat économique est capital pour la Bourse. Sur le plan de la croissance, par exemple, on sait que chaque régression est suivie d’une reprise, puis d’une surchauffe et enfin d’un ralentissement, voire d’une nouvelle récession. Ces cycles influent la Bourse avec un temps d’avance sur leur déroulement réel. La Bourse débute habituellement à baisser quand la croissance se fatigue, plusieurs mois avant la récession, comme en 2000 alors que la récession n’a certainement touché les Etats-Unis qu’au second trimestre 2001.
De même la Bourse tente à remonter avant que la croissance soit vraiment repartie, comme elle l’a fait en 2003, quand beaucoup d’économistes craignaient encore le spectre de la déflation consécutif à l’éclatement de la bulle technologique.
Le problème est qu’il est irréalisable de mesurer la croissance économique en temps réel. Les statistiques ont des mois de retard et sont même révisées des années après. Il a fallu attendre 2006 pour savoir que la croissance du PIB de la France en 2003 avait été de +1,1% au lieu de 0,2% annoncés initialement. « Dans ces conditions, cela ne sert à rien de vous intéresser à l’économie pour gérer votre portefeuille », a pour coutume de dire Stanley Nabi, un peu par provocation.
Pour ce gérant expérimenté du Callander Fund Asset, qui a appris la finance dans la même classe que le milliardaire Warren Buffet, la réaction des investisseurs à la publication des statistiques économiques a bien plus d’influence sur la Bourse que la réalité des chiffres eux-mêmes.
Diversifiez vos titres ur plusieurs secteurs de pays différents
A long terme, les résultats des entreprises sont un facteur de soutien essentiel pour les actions car ils déterminent les dividendes distribués aux actionnaires, qui sont leur première source de revenus. Pour apprécier le niveau de valorisation des actions, les investisseurs ont pour habitude de comparer la rentabilité des bénéfices qu’elles réalisent par rapport au rendement des emprunts d’Etat. Début février, ce rendement est redescendu à 3,96%. A la même date, les sociétés de l’indice CAC 40 valent en moyenne 12,7 fois leurs bénéfices attendus pour 2007. On dit qu’elles ont un ratio cours/bénéfices de 12,7.
Ce ratio permet de comparer les actions et les obligations. Si une action à un rapport cours/bénéfices de 12,7, cela signifie que ses profits représentent 7,87% de sa valeur boursière (1/12,7=7,87%). La différence entre les 7,87% de bénéfices que génèrent les actions (par rapport à leurs cours de Bourse) et les 3,96% de rendement des emprunts d’Etat est appelée prime de risque, car on considère que les actions sont doublement plus risquées que les emprunts d’Etat.
Premièrement, leur bénéfices peuvent s’écrouler, ce qui se répercute sur les dividendes distribués.
Deuxièmement, la valeur des actions peut aussi s’écrouler alors que les emprunts d’Etat sont remboursés à leur échéance. Inversement, les profits des entreprises et leurs dividendes peuvent augmenter, ce qui entraîne une revalorisation de leurs cours de Bourse et permet de réaliser une plus-value en cas de revente des actions.
Investissez avec une régularité et sachez prendre vos bénéfices
La Bourse est un marché où se confrontent chaque jour des acheteurs qui espèrent s’enrichir et des vendeurs qui pensent qu’il n’y a plus à gagner ailleurs. Les espoirs des premiers et les doutes des seconds sont affectés par la conjoncture économique, les résultats et prévisions des entreprises, les flux de souscription ou de retraits des épargnants, les évènements politiques ou militaires, voire la météo.
Les faits se bousculent et se contredisent, l’information est abondante et les transactions incessantes, ce qui se traduit par des variations de cours rapides et fortes.
Pour mesurer l’amplitude de ces fluctuations, les experts calculent la volatilité, c’est-à-dire la moyenne des écarts de cours par rapport à leur niveau moyen par an. Que le CAC 40 soit dans une année de hausse ou de baisse, il enregistre des écarts de +20 à –20% entre ses sommets et ses creux de l’année, avec des pointes à 30% lors des turbulences.
Cette volatilité se répercute à l’échelle des années. La Bourse baisse environ une année sur quatre. Cela ne veut pas dire qu’elle connaît des cycles de trois ans de gains suivis d’un an de perte mais plutôt que les risques de chute augmentent après trois ans de hausse et diminuent après un an de baisse.
Pour pouvoir vendre facilement vos titres, privilègies les grandes sociétés
Les placements boursiers font l’objet de cotation tous les jours, ce qui permet d’acheter sans délai quand vous avez des capitaux et de vendre quand vous souhaitez les récupérer. C’est ce que les experts appellent la liquidité, c’est-à-dire la possibilité de liquider vos placements pour avoir la disponibilité de votre argent. Cette liquidité est assurée quand il y a autant d’acheteurs que de vendeurs.
C’est généralement le cas pour les grands groupes du CAC 40. Mais pour des sociétés plus petites, si beaucoup d’actionnaires ont besoin de vendre et qu’il n’y a pas assez d’acheteurs, le cours s’écroule quelles que soient les qualités de l’entreprise, comme on l’a vu pour le Club Med quand la société Richelieu finance a du réduire sa participation en urgence.
Gardez la tête froide, l'émotion est souvent mauvaise conseillère
Le comportement des marchés financiers est la somme de décisions individuelles influencées par la psychologie de chacun. « Celui qui vient d’être licencié a une vision différente de celui qui vient d’avoir une promotion », résume Stanley Nabi. Les épargnants réagissent de façon émotive, par exemple en fonction de leurs gains ou de leurs pertes par rapport à leur prix de revient, alors que ces éléments sont insignifiants pour les autres. Ce biais psychologique pousse généralement à prendre de mauvaises décisions. |