|
Le scénario de faillite d'une banque toucherait de plein
fouet petits porteurs et épargnants. Mais des couvertures existent.
Seisme dans le monde bancaire international, le 24 janvier,
quand la SG révèle une fraude d'une ampleur
incroyable. Exposée par l'un de ses traders sur une positions boursières
risquées à hauteur de près de 50 milliards d'euros, soit beaucoup plus que ses
fonds propres, la banque enregistre une perte de 4,9 milliards d'euros. Les
montants sont tels que les interrogations fusent.
Répercussions boursières: un seul trader peut-il
déjouer tous les contrôles internes à la barbe de sa hiérarchie? Cette fraude
pourrait-elle servir de paravent à des investissements malheureux, sur fond de
crise bancaire internationale? C'est maintenant à la justice d'apporter les
réponses. La SG, c'est 300.000 actionnaires minoritaires qui pourraient
réclamer réparation. Ajoutée aux pertes sur l'immobilier américain, la fraude a
fait s'effronder le bénéfice net par action 2007 et le dividende correspondant
avec, en lot de consolation, une souscription à conditions préférentielles à
l'augmentation de capital de février.
La SG c'est aussi 9,4 millions de clients
particuliers, inquiets du devenir de leurs économies. Mais ils n'ont pas cédé à
la panique, évitant le pire. Car aucune banque ne pourrait faire face à des
demandes de retraits massifs de fonds. Une telle situation l'exposerait à la
banqueroute, même si son bilan est
solide. En cas de scénario noir, les clients ont de bons arguments pour se
rassurer. Face à une faillite, le fonds de garantie des dépôts bancaires
interviendrait à la demande de la Banque de
France. Il indemniserait jusqu'à
70000 euros par client et par banque... dans la limite du 1,7 milliard
d'euros dont il dispose. Pas de problèmes pour les les titres, puisqu'ils
peuvent toujours être restitués par le dépositaire qui en assure la garde. A
défaut, le fonds de garantie indemniserait là encore à raison de 70000 euros de valeurs mobilières
par client et par établissement. Ces plafonds sont valables pour une banque
française ou la succursale d'un établissement européen. Mais la filiale d'une
banque étrangère, elle, est couverte par le fonds de son pays, à hauteur d'au
moins 20000euros comme l'impose une directive européenne de 1997.
Eviter une onde de choc: en revanche, les parts de
fonds et Sicav, les obligations émises par la banque, les certificats de dépôts
et les comptes gérés en devises autres que celles de l'Union ne sont jamais
couverts. Quant à l' assurance vie , elle dispose de son propre mécanisme. « Avant
d'en arriver là, il est fort probable que la Banque
de France prêterait des liquidités à la
banque en difficulté et que l'Etat se porterait garant des dépôts des clients,
quitte à devoir nationaliser l'établissement », rassure Yves Simon,
professeur de finances à l'université Paris-Dauphine. Objectif: éviter un effet
de cascade qui menacerait tous les établissements de la place. Une hypothèse
d'autant plus crédible que la
Grande-Bretagne vient de la mettre en pratique pour sauver la banque Northern
Rock, ébranlée par la crise des subprimes.
Actionnaire en colère, que faire?
200 actionnaires
minoritaires, assistés par Frédérik-Karel Canoy, ont déposé plainte contre X auprès
du procureur de Paris pour « escroquerie, abus de confiance, faux et usage de
faux, complicité et recel », « manipulation de cours » et
« délit d'initiés ». Pour vous associer à cette action, contactez le
01 43 98 96 36 ou le 06 13 80 22 21. L'association des petits porteurs actifs a
aussi déposé une plainte pénale et
demandé l'ouverture d'une instruction judiciaire pour délit d'initiés. Vous
pouvez la joindre au 02 38 88 09 44. L'association de défense des actionnaires
minoritaires de Colette Neuville, joignable au 02 37 36 70 56, a demandé
l'ouverture d'une enquête sur le titre à l'Autorité des marchés financiers,
mais n'a pas encore lancé de procédure.
|